Plusieurs trucs m'ont frappé (aïe) pendant mon séjour au Japon. La première chose que j'ai faite, à mon arrivée à l'aéroport de Tokyo-Narita, a été de satisfaire un besoin pressant (non, pas vérifier mes mails !) : aller au petit coin. Et là, je me suis dit que vraiment, les Japonais, ils sont petits : les lavabos étaient super bas, tout comme les toilettes.
Cette impression s'est confirmée lorsque j'ai pris le métro, ou plutôt RER pour me rendre à Tokyo depuis l'aéroport. En standard dans les rames de métro, il y a la clim, ce qui est super agréable (surtout lorsque je compare avec ce qu'il y a à Paris, il fait super chaud, et on dégouline de partout :p / l'avantage, c'est que les peaux se découvrent et les vêtements des gen(e)s s'allègent... vive l'été). Mais aussi en standard, les poignées pour se tenir lorsque les métros sont un peu remplis. Comme dans les bus en France. Et justement, ces poignées sont super basses. Du genre à 1m65 de hauteur.
L'autre chose que le métro japonais m'a montré, c'est une chose qui symbolise un peu pour moi la différence de mentalité entre les Japonais et les Français : la machine qui "poinçonne" le titre de transport. En France, c'est une grosse machine, avec un tourniquet qui empêche de revenir en arrière, ainsi qu'une grosse porte, qui se bloque lors du passage du voyageur. Parfois, c'est le modèle avec une porte coulissante qui s'ouvre en deux, et pour laquelle tout le monde a peur qu'elle se referme avec grand bruit et surtout fracas sur leur petit corps tout frêle. Même si en vrai c'est fait pour que y'ait pas plus d'un décapité par an. De l'autre côté, au Japon, c'est une machine "bidirectionnelle", qui sert pour les gens qui entrent dans le métro, et ceux qui sortent. C'est aussi une porte coulissante. Ou plutôt un portillon (portillonet, si j'osais dire), qui fait pas plus de 50 cm de haut. Et aussi, qui est ouvert par défaut. La porte n'est pas fermée, elle est ouverte.
Voilà, au Japon, on fait confiance par défaut aux gens. Ce qui n'est pas le cas en France, où les gens sont des truands par défaut. Même si c'est une minorité qui gruge et qui saute les barrières. Si je réfléchissais un peu, je pourais aussi y voir un parallèle dans l'histoire des DRM, où les restrictions sont mises parce que le gens lambda est un pirate par défaut. Bon comme je ne réfléchis pas, je m'abstiens. Autre exemple, je prends un billet dans les distributeurs, je m'aperçois que je me suis planté, je vais voir un guichet avec un agent. À Tokyo, on ne parle pas anglais, mais on me rembourse quand même le billet et on m'explique ce qu'il faut faire pour prendre le bon billet (ce qui n'est pas a priori une chose triviale, vu qu'il existe plusieurs compagnies de métro, avec des tickets pas toujours compatibles entre eux). Ou alors, je suis à la rue, je perds mon ticket. J'explique que je viens de telle station, et on me fait juste payer la somme qui correspond. En France on aurait le droit, au choix à un "ah mais oui mais c'est l'informatique, j'y peux rien, faut racheter un nouveau ticket", un "ah désolé, vous devez payer le prix du trajet le plus long", "ça vous fera 38€ l'amende de catégorie B, vous payez tout de suite ? on accepte la carte bleue. Ou vous revenez un autre jour, mais c'est 10€ de plus".
Sinon, on pourrait aussi voir aussi ça comme le sens de la pratique des japonais. Ça fait passer les gens plus vite, y'a un débit plus élevé des gens (ce qui n'est pas superflu, vu le nombre de gens qui passent dans le métro chaque jour). Mais c'est moins sexy comme explication. Même si c'est tout aussi vrai, voire plus.
On sait jamais, cette politesse, c'est parce que je suis un gai-jin, même si je n'y ressemble pas. Ou c'est un truc intégré à la société. Comme les Irasshaimasse systématiques dès qu'on entre dans un magasin, qui sont peut être devenus plus un réflexe qu'une volonté individuelle de politesse. Ou alors voilà, c'est de la politesse collective. Je suis sûr que les japonais n'y prêtent plus attention depuis longtemps. Qu'un étranger établi depuis quelques années non plus. Mais pour un visiteur occasionel, ça étonne, et ça touche. (jusqu'à un certain point, mais ça, ça sera pour un autre jour).
Ça papote...