Le gouvernement a récemment annoncé une «prime transport» annuelle de 200 euros, pour aider les salariés face à l'augmentation du prix des carburants, des transports en commun. Pouvoir d'achat, toussa. Sympathique n'est ce pas ?

Où est le piège me demanderez-vous ? Ça sera fait sur une base de volontariat. Le patron ne veut pas, ça sera tant pis pour vous.

Du coup j'y crois vraiment pas. Mais vraiment.

En Île de France, une telle mesure est déjà en place depuis 25 ans au moins: tous les salariés doivent se faire rembourser la moitié de leur abonnement aux transports en commun. Et une charge pas excessive pour le patron : les, disons, 30 euros remboursés lui coûtent vraiment 30 euros. Pas de cotisations, d'impôts, ou autres dessus. Bien et pas cher !

Mais voilà. Récemment, en stage dans un organisme de recherche, je demande confirmation à la dame qui m'avait demandé de venir signer des papiers, est ce que ma carte Imagine'R serait à moitié remboursée ? Réponse: non (à cet instant, un bisounours meurt). Comment ? Vous voulez dire que le cadre supérieur, rémunéré à plusieurs dizaines de kE par an, va recevoir ses 20 euros mensuels, et le stagiaire à 300 euros par mois, ou l'allocataire n'ayant pas de contrat de travail officiel, nada ? Celui qui a besoin de ces sous ne recevra rien ? Vous voulez-dire que cet employeur verse ces sous par obligation ?

Pour compenser les ondes négatives et le cynisme émis par ce billet, l'auteur vous offre une image d'amour.

Budapest lovers

Budapest lovers Photo prise à Budapest en mai 2008