Prime de transport
Par Alexandre le samedi 11 octobre 2008, 20:52 - Lien permanent
Le gouvernement a récemment annoncé une «prime transport» annuelle de 200 euros, pour aider les salariés face à l'augmentation du prix des carburants, des transports en commun. Pouvoir d'achat, toussa. Sympathique n'est ce pas ?
Où est le piège me demanderez-vous ? Ça sera fait sur une base de volontariat. Le patron ne veut pas, ça sera tant pis pour vous.
Du coup j'y crois vraiment pas. Mais vraiment.
En Île de France, une telle mesure est déjà en place depuis 25 ans au moins: tous les salariés doivent se faire rembourser la moitié de leur abonnement aux transports en commun. Et une charge pas excessive pour le patron : les, disons, 30 euros remboursés lui coûtent vraiment 30 euros. Pas de cotisations, d'impôts, ou autres dessus. Bien et pas cher !
Mais voilà. Récemment, en stage dans un organisme de recherche, je demande confirmation à la dame qui m'avait demandé de venir signer des papiers, est ce que ma carte Imagine'R serait à moitié remboursée ? Réponse: non (à cet instant, un bisounours meurt). Comment ? Vous voulez dire que le cadre supérieur, rémunéré à plusieurs dizaines de kE par an, va recevoir ses 20 euros mensuels, et le stagiaire à 300 euros par mois, ou l'allocataire n'ayant pas de contrat de travail officiel, nada ? Celui qui a besoin de ces sous ne recevra rien ? Vous voulez-dire que cet employeur verse ces sous par obligation ?
Pour compenser les ondes négatives et le cynisme émis par ce billet, l'auteur vous offre une image d'amour.
Budapest lovers Photo prise à Budapest en mai 2008


Commentaires
En stage, le "salaire" reçu est en fait une indemnité de stage. Du coup, certains employeurs considèrent que la prime transport est déjà incluse.
Perso, chez SFR, ils me remboursaient sans souci et même plus de zone.
Je suis d'accord c'est dégueulasseeeeeeeeeeeee
C'est le fameux principe du tricke down : si tu rends la vie des cadres encore plus facile, leur prospérité va dégouliner (telle une fontaine de champagne) sur les pauvres stagiaires, qui de toute façon devraient déjà être heureux qu'on leur donne quelques centaines d'euros pour les former, ces bons à rien.
Autrement dit : c'est pour ton bien, mon petit.
(Jolie photo, sinon.)
Autre exemple pris au hasard et purement fortuit : le doctorant de première année qui se fait refuser sa carte orange, alors qu'en 2e, c'est OK, parce qu'il aura un CDD...
@KK : oui. ça nous apprend aussi à vivre dans l'humilité, à ne pas ne pas jurer que par l'argent, ne pas vivre dans la luxure.