Public
Par Alexandre le dimanche 8 mars 2009, 18:24 - Musique, ciné, etc. - Lien permanent
Il y a quelques années, j'ai contribué à l'organisation d'un petit festival étudiant. Entre autres, en clôture du festival, on proposait un concert d'un groupe de rock assez connu. Ce fut une expérience épuisante, avec des nuits consacrées au collage d'affiches, à faire les comptes, monter et démonter la scène. Mais c'était gratifiant, cela nous a permis de voir un peu l'envers des décors, d'aller en backstage voir les artistes et partager une bière avant leur entrée sur scene, monter sur les balcons avoir une meilleure vue du concert. C'est à ce moment là que j'ai été témoin d'une chose certes banale, mais extraordinaire. Une chose qui doit arriver à quasiment tous les concerts, dans les stades de football, au théâtre. C'était l'expression du public devant la performance de l'artiste. Une simple chanson, un air de musique, et voilà que l'assistance chantait à tue-tête, le sourire aux lèvres, dansant en rythme, se tenant tous par le bras. De mon balcon, là haut, c'était un spectacle formidable, qui met la larme à l'oeil et donne des frissons. Je ne sais pas si c'est ce que voit le groupe, mais (sous à part...), c'est pour moi presque une raison suffisante pour organiser ou jouer dans un spectacle vivant. Et peut-être aussi la raison pour laquelle j'aime aller dans les salles de concert.
Parce que le public participe grandement à l'ambiance et peut rendre unique un concert d'une tournée qui peut compter des dizaines de dates. Peut sublimer une soirée, comme la rendre éxécrable, tant pour les artistes ou le public. Et j'ose croire que parfois, les « you were awesome tonight» sont un peu sincères et pas rabachés automatiquement chaque soir à la même seconde (après je suis un peu bisounours, donc bon...)
Vendredi dernier, dans le cadre du festival Minimum, le groupe Ralfe Band était le second à passer. J'ai beaucoup aimé. Je n'étais pas le seul. Il prodigue un univers assez folk, mais qui se transforme complètement lors des instrumentales où le frontman se met derrière ses claviers pour des morceaux assez endiablés. Mais le public de la Maroquinerie, visiblement pas venu voir Ralfe Band, mais plutôt Theo Hakola (tout aussi génial par ailleurs), reste assis, laissant la «fosse» (si on peut appeler comme ça le centre de la Maroquinerie) désespérément vide, ou plutôt plein de photographes s'en donnant à coeur joie pour trouver les meilleurs positions. «I wonder what it's like to be in the center. Maybe the floor will collapse and get you to... Brussels», essaya-t-il (ainsi ensuite qu'une tentative de comparaison avec les italiens (merde les français ont un honneur ou bien ?)), sans vraiment beaucoup plus de succès pour faire venir les gens au milieu. J'imagine que Architecture in Helsinki devait ressentir un peu la même chose lorsqu'ils sont passés aux Arènes de Montmatre en Août 2007 et que la moitié du public ne correspondait pas vraiment à la cible des australiens (le concert avait plutôt été présenté sur les brochures comme un concert de musiques du monde).

Cette soirée à la Maroquinerie fut très bien musicalement, j'ai découvert trois excellents groupes (le troisième étant Wladimir Anselme, c'est juste que je suis un peu désolé pour Ralfe Band qui méritait peut être un meilleur public parisien.
Ralfe Band - Attics - Attic Thieves
(morceau coule de Ralfe Band via Deezer)


Commentaires
D'après l'extrait Deezer, j'aurais été dans la fosse (ou quel que soit le nom que tu veux lui donner) même sans appareil photo.
Bien qu'il faille avouer que je l'aurais probablement aussi fait par esprit de contradiction.
Au final, le couple assis à droite de la première photo s'est levé, plus un ou deux autres (et puis moi aussi tant qu'à faire). Mais c'était quand même super vite.
Après que Ralfe Band a fini son set, la salle s'est remplie.