Avoir un diaporama aléatoire de *toutes* ses photos en fond d'écran, ça aide à déterrer des photos coules oubliées. J'utilisais jusqu'à il n'y a pas longtemps le plasmoïde KDE4 Picture Frame. mais ce dernier était très frustrant : le nom de fichier de la photo n'était pas affiché.
À la place, j'ai mis le Google Gadget Photos qui lève la limitation du précédent.
(The Concretes - Song for the Songs dans le lecteur flash geo-DRMisé ci-dessous)
Oh, don't worry, un jour, je vais les publier, ces photos. Épisode : Vienne. Donc voilà, chez Flickr.
Vienne, ou les yeux qui brillent, en passant le soir, en arrivant en soirée, devant le palais de Sissi ou la Stephansdom (qui se fait appeler Étienne en français, faudra qu'on m'explique un jour).
Ou le doute, en voyant l'auberge de jeunesse qui ressemblait bien à une ancienne laverie en libre service reconvertie, où j'ai quand même rencontré des gens de la campagne américaine (le South Dakota, c'est bien la campagne, non ?) que je reverrai une semaine plus tard à Budapest.
Ou l'étonnement, en entendant l'accent français de tous les viennois quand ils parlent en allemand (j'vous jure) alors qu'ils sont tous trop bien sapés (sérieux, ils faisaient quoi, tous en veste-costume-chemise-chaussures cirées un dimanche soir ??!).
Ou l'aventure, en prenant un Vélib de là bas, en manquant de se casser la figure en se rendant compte qu'il n'y avait pas de vitesses et que les freins étaient intégrés aux pédales (tu sais, ces vélos où il faut pédaler à l'envers pour freiner), pour aller se balader loin hors du centre pour aller voir le beau Danuble bleu au coucher du soleil (et paniquer ensuite parce qu'il commence à faire sombre).
Ou le \o/ quand toute la ville a l'air d'être invitée à boire et manger à la sortie de la cathédrale (un évêque venait de monter en grade, ou un truc du genre) alors que je passais par hasard par là en sifflotant.
Et le Museumsquartier, et Schönnbrunn, et les parcs, et...
Je devais y rester deux jours, j'en ai finalement fait trois.
Je m'étais procuré il y'a quelques temps un vieux tourne-disques. J'avais ensuite fait quelques brocantes afin d'essayer tout ça, à quoi bon avoir du hard si on n'a pas le soft. Un concerto de Mozart pour harpe et flüte, un best-of de Franck Sinatra, de David Bowie, la comédie musicale Hair. En parallèle, à la fin des concerts que j'avais appréciés, quand ce n'était pas immensément plus cher que la version CD[1] et quand j'avais beaucoup apprécié l'artiste, j'achetais le vinyl du dernier album. La plupart du temps, j'avais déjà écouté en boucle leurs morceaux par des moyens détournés plus (deezer) ou moins (piratebay) avouables. Je leur dois bien ça. Parfois je ne les avais jamais écoutés, et ça avait été une révélation, une claque musicale. Electrelane, Animal Collective, Wir sind Helden, Okkervil River, Dr. Dog, Efter Klang, My Morning Jacket.
Mais voilà. Le diamant (la pointe qui vibre avec les sillons) avait l'air usé voire carrément absent. J'arrivais à lire quelques morceaux, mais j'étais un peu réticent à l'essayer sur mes disques neufs, je me contentais de David Bowie (Let's Dance!). Pour essayer. Ça a marché vaguement pour une petite dizaine d'écoutes. Et puis le bras s'est mis à dériver. Silence. C'était il y a un an environ.
Silence pendant un an, sans m'arrêter, presqu'inutilement, de m'approvisioner en disques. Ça faisait de beaux posters. Et puis hier, je me décide à retenter d'aller au magasin hifi m'acheter une nouvelle cellule. Parce que j'avais déjà essayé. Ruptures de stocks, et prix assez chers (dans la cinquantaine d'euros). Là je trouve mon bonheur à 35. En espérant que c'était bien la cellule qu'il fallait remplacer, et pas les contre-poids d'anti-skating ou autre pièce mécanique.
Je ne suis pas un MacGyver. J'ai du mal à comprendre le concept de la vis et de l'écrou[2]. Surtout après un essai infructueux avec les anciennes vis, forcément à la mauvaise longueur. L'installation de la cellule est fastidieuse. Heuresement qu'il y a un code couleur pour connecter les quatre fils. Au final, à 3h du mat, j'ai un tourne disques qui fonctionne \o/, Franck Sinatra peut en attester.
Ce dimanche, mes vieux disques furent les premiers à avoir l'honneur d'être joués. Hair, Mozart. Avec ce craquement désuet et caractéristique. Enfin. Que je croyais caractéristique. Jusqu'à ce que je mette un disque tout neuf d'un vieil (le tout premier en fait) album d'Of Montreal, Cherry Peel, fraîchement reçu en cadeau d'anniversaire (K², you rock !). Plus de craquement. Du tout. Et aussi, avec un volume beaucoup élevé que les disques d'il y a vingt ans. Même constat pour le dernier album de Dr. Dog, Fate, qui pour le coup est sensé être un disque pressé avec les toutes dernières technologies, sur un disque super lourd de 180 grammes (je ne sais pas vraiment ce que ça change, à part que c'est sensé être mieux).
Bon j'ai quand même un reproche à tout ça : comment on envoie nos statistiques de lecture à Last.fm ? (bon ok je sors)
Nah, je suis content de mon nouveau joujou \o/
Pour finir, encore une vieille photo de mon catalogue de bisounoursismes
Gare du Nord, dans un RER de la ligne B stationné sur le quai de la ligne D.
En face de moi, sur la rangée suivante s'assoit une demoiselle. Sur le quai d'en face, un autre RER B arrive. On partira forcément avant. Après une ou deux minutes, quelques voyageurs descendent du train pour aller en face. Notre train était là avant, il partira forcément avant. Elle regarde en face, se demande s'il faut y aller. Le train d'en face part. Oh well...
Châtelet. Notre train avait finalement quitté la station précédente peu après l'autre train. Elle sort son MP3. De la même manière qu'un de mes grands sourires un peu timides qui ne demanderaient qu'à devenir explosifs si j'était tout seul au milieu d'un petit chemin de campagne ou d'une grande rue déserte lorsque Wraith pinned to the mist and other games se met à jouer sur iPied, un petit sourire bref et furtif s'esquisse sur son visage un peu aléatoirement, toutes les trois ou quatre minutes environ. Elle descend à Denfert Rochereau.
Ce matin, à l'agence commerciale RATP, voulant refaire faire une nouvelle carte Imagine'R, l'ancienne étant perdue:
« c'est un peu scandaleux [1] de payer 24€ alors que c'est gratuit pour une carte Orange ou un abonnement Intégrale.
- oui mais l'abonnement est plus cher
- certes, mais la RATP reçoit des subventions pour les abonnements Imagine'R
- c'est vrai. Mais en fait, c'est parce que c'est pour les jeunes que c'est plus cher de refaire une carte»
Donc oui OK, les étudiants, ils sont jeunes, ils se sentent moins responsables, on leur fait payer plus cher...
Gnouf.
Une autre scène d'amour pour compenser l'aigrissure
Oh. Tiens, Je vais allumer la lumière. Si jamais il y'a quelqu'un qui passe, il entrera peut être... En tout cas, je lui souhaite une bonne année 2009, bonne santé (en tout cas c'est raté pour moi -- mais rien de grave), et surtout de rire une fois par jour, ça fait toujours du bien. Avec un bisou, car j'aime les bisounours. Voilà.
Au tout début, l'homme et la femme étaient à l'état de bisounours.
Les gens se faisaient confiance. Les portes des maisons étaient toujours grandes ouvertes, on partageait volontiers son accès wi-fi, et il était courant de partager les machines à laver, les cuisines et réfrigérateurs, car c'était plus commode et moins couteux.
Mais le ciel s'assombrit un jour. Une bouteille de lait anonymement empruntée, une paire de chaussettes disparue, un réseau abusément utilisé, une maison dépouillée.
Et depuis, la société a été profondément modifiée. Portes fermées à clé, alarmes activées, pare-feux obligés, réseaux chiffrés, restreints et surveillés. Chacun son réfrigérateur et sa machine à laver.
Et ces derniers sont couteux, bruyants, et sous utilisés. Et l'informatique redevint obscure et compliquée. Les maisons devinrent moins accueillantes.
Et l'on perdit en commodité, et l'on perdit en liberté.
À la place, un monde où l'on est en sécurité. Ou plutôt où l'on est sécuritaire. suspiscion, peur, paranoia. Où l'on a perdu confiance.
Quand un jour on visite un endroit encore à l'état de bisounours que l'on se rend compte que c'était bien. Et que cette évolution est subie la plupart du temps imperceptiblement.
J'ai connu récemment une maison où la clé était volontairement mise près de la porte. On peut se permettre d'oublier ses cléfs, de laisser les autres habitants de la maison de ne pas s'en soucier. J'ai connu des endroits où la machine à café était librement disponible, avec moult sucreries et barres chocolatées, où chacun se faisait confiance pour réapprovisionner le pot commun. On se fait confiance, on fait confiance à la société, et la société nous le rend bien.
Ce n'était pas en France.
Le gouvernement a récemment annoncé une «prime transport» annuelle de 200 euros, pour aider les salariés face à l'augmentation du prix des carburants, des transports en commun. Pouvoir d'achat, toussa. Sympathique n'est ce pas ?
Où est le piège me demanderez-vous ? Ça sera fait sur une base de volontariat. Le patron ne veut pas, ça sera tant pis pour vous.
Du coup j'y crois vraiment pas. Mais vraiment.
En Île de France, une telle mesure est déjà en place depuis 25 ans au moins: tous les salariés doivent se faire rembourser la moitié de leur abonnement aux transports en commun. Et une charge pas excessive pour le patron : les, disons, 30 euros remboursés lui coûtent vraiment 30 euros. Pas de cotisations, d'impôts, ou autres dessus. Bien et pas cher !
Mais voilà. Récemment, en stage dans un organisme de recherche, je demande confirmation à la dame qui m'avait demandé de venir signer des papiers, est ce que ma carte Imagine'R serait à moitié remboursée ? Réponse: non (à cet instant, un bisounours meurt). Comment ? Vous voulez dire que le cadre supérieur, rémunéré à plusieurs dizaines de kE par an, va recevoir ses 20 euros mensuels, et le stagiaire à 300 euros par mois, ou l'allocataire n'ayant pas de contrat de travail officiel, nada ? Celui qui a besoin de ces sous ne recevra rien ? Vous voulez-dire que cet employeur verse ces sous par obligation ?
Pour compenser les ondes négatives et le cynisme émis par ce billet, l'auteur vous offre une image d'amour.
Encore une nouveauté à Uppsala ! Depuis quelques jours, la cathédrale d'Uppsala, plus grand cathédrale d'Europe du Nord, est illuminée la nuit ! Enfin! pourrait-on dire, pour un tel monument ! (ça consomme combien ? ajouterait-on aujourd'hui...). Vackert!
Once again, something new in Uppsala: the cathedral, the largest church building in Northern Europe, is floodlit by night! At last! one could say. While asking how much power does it uses...
Ça papote...